Blogue

Jan 30th

Les deux erreurs fondamentales- La deuxième

Posted by with No Comments

Notre deuxième erreur est d’avoir peur des émotions  difficiles. On se cramponne alors à tout ce qui est heureux et agréable en niant tout ce qui ne l’est pas, peut-être par crainte de découvrir la source réelle de notre stress cachée derrière nos tensions intérieures et nos émotions refoulées. Nous sommes souvent omnubilés par  toutes les histoires que nous nous racontons mentalement à propos de nous, des autres ou de ce que la vie devrait être. Ce qui entraîne un sentiment d’insatisfaction ou un état constant de rumination. Cette perte d’énergie peut conduire à l’épuisement complet de nos ressources si on n’y prend garde. Nous devrons apprendre  à mieux nous occuper de nous par l’écoute des signaux intérieurs. Car ils sont nos guides. Nous pouvons, par la douceur de la présence, apprendre à se relaxer, à enfin respirer même quand ce n’est pas facile et à créer en soi un espace de conscience pour mieux affronter, accueillir et accepter ces émotions négatives qui nous font souffrir plutôt que de ne pas en avoir conscience ou de se laisser submerger. Freud disait, il y a plus de 80 ans, que la plus grande souffrance est l’absence de souffrance, sous-entendant que cet état d’absence à soi ne nous permet pas de mieux nous comprendre et de nous recomposer.   En fait, 99 % de nos appréhensions sont en grande partie imaginaires et ne se concrétisent pas dans le réel. Une présence non jugeante, réceptive à notre ressenti, donne accès aux sentiments les plus élevés dans l’architecture de notre cerveau. La régulation émotionnelle et la méditation recèlent une source de sagesse, d’intuition et de créativité vers un choix d’action beaucoup plus judicieux qu’au départ. Combien de fois ai-je vue, dans ma pratique, des clients incapables de faire de lien entre la tension vécue dans leur corps et la cause à l’origine de leur souffrance ? Comme s’ils étaient aveugles à eux-mêmes ou à ce que leur corps voulait leur dire. Mais, peu à peu, à partir d’un lieu de confiance et d’harmonie intérieure, ils ont pu accéder à ce qui leur paraissait juste. Ainsi  guidés par leur sagesse intuitive, ils ont ouvert des perspectives d’autoguérison par lesquelles de nouvelles stratégies d’adaptation devenaient possibles. Mais, il faut bien le dire, certaines émotions sont plus perturbantes et récalcitrantes, car elles originent parfois d’un passé complexe ou traumatique ou d’un présent trop éprouvant  et stressant pour notre capacité d’y faire face.   Dans de tels cas, comme un trouble anxieux, de la dépression,  lors de difficultés relationnelles importantes  ou de troubles d’adaptation, il ne faut pas hésiter à demander l’aide d’un  médecin, d’un psychologue ou d’un psychothérapeute afin d’être accompagné dans une démarche plus en profondeur. La méditation se pose davantage comme un outil  thérapeutique complémentaire à la psychothérapie et ne peut absolument pas la remplacer.

Marielle Paradis, Psychologue